L'ambidextrie des opérateurs dans l'usine digitalisée.

Sous la direction de Mme. Géraldine Galindo (ESCP Business School) & de M. Hervé Laroche (ESCP Business School)

À travers une étude de cas qualitative menée au sein des Groupes Michelin et Safran, nous nous sommes interrogés sur comment l’ambidextrie des opérateurs s’exprime dans le contexte de l’usine digitalisée et sur les compétences associées à cette capacité. Nos données montrent que l’industrie 4.0 introduit des tensions et incertitudes qui exigent de l’opérateur, à la fois, d’assurer un impératif de productivité lié à une norme de performance, à laquelle il s’agit de s’aligner, et un impératif d’adaptation à une multitude d’artefacts, de règles et de situations nouvelles.

Par conséquent, il arbitre constamment entre l’exploitation de compétences maitrisées et l’exploration de compétences nouvelles. Ces compétences sont hybrides, de savoir-faire et de savoir-être. Elles sont, pour certaines, transitionnelles et permettent d’assurer la stabilisation de l’environnement dans sa transition vers le 4.0. Grâce à un management de l’autonomie et le déploiement de politiques et de pratiques RH permettant les dynamiques ascendantes, le manager et la fonction RH participent conjointement au développement de l’ambidextrie des opérateurs et à son portage vers des niveaux supérieurs de l’organisation.

Ces résultats contribuent à une lecture multi-niveaux de l’ambidextrie et répondent au manque de données empiriques sur cette capacité, particulièrement, lorsqu’elle s’exprime dans les environnements dynamiques. Ils permettent de développer des pistes de discussion avec la littérature existante, en particulier, sur le rôle de l’autonomie dans le développement de cette capacité.

 

Mots clés : Industrie 4.0, ambidextrie des opérateurs, compétences transitionnelles, compétences hybrides, autonomie.