La formation de la légitimité d'un dispositif de RSE: Entre dimensions individuelles et organisationnelles. Le cas des dispositifs de mobilité durable dans deux entreprises

sous la direction de Mme. Géraldine SCHMIDT (IAE de Paris) & M. Rémi BOURGUIGNON (Université Paris-Est Créteil)

Objets encore peu étudiés en sciences de gestion, les dispositifs de mobilité durable en entreprise font face à un étonnant paradoxe : alors qu’ils sont issus d’une double pression normative et sociétale, ils apparaissent éloignés des préoccupations de performance économique, considérés parfois même comme « périphériques » et portés par des individus isolés dans l’entreprise. La particularité de ces dispositifs est qu’ils agissent tant au niveau organisationnel (déploiement managérial, changement dans l’organisation du travail, incarnation du sujet, etc.) qu’au niveau individuel (changement de pratiques mobilitaires, impact sur les parcours de vie, sensibilité environnementale personnelle, etc.). Cette thèse propose d’étudier par quelle dialectique la légitimité de ces dispositifs de RSE émergents se forme.

À travers une démarche méthodologique compréhensive et interprétativiste, l’étude de deux cas d’entreprise, Crédit et Green Energy, nous indique que le processus de formation de la légitimité d’un tel objet s’articule autour de dimensions tant organisationnelles qu’individuelles, en constantes interactions et s’influençant mutuellement. Notre recherche démontre comment l’action et le statut du porteur de projet, ainsi que les réseaux qu’il mobilise, modèrent ou renforcent la légitimité du dispositif étudié. Cette recherche fait également état de tentatives de délégitimation du dispositif au niveau organisationnel et de stratégies d’évitement au niveau individuel. Leur identification est primordiale afin de permettre une action concrète sur les points de résistance et inspirer la construction d’une démarche globale d’introduction des dispositifs de RSE émergents en interne.