La fabrique du patrimoine numérique dans les organisations culturelles: Trois essais.

Sous la direction de M. Ghislain Deslandes (ESCP Business School)

La thèse répond à la question : comment le processus de numérisation influence-t-il les pratiques mnémoniques - en lien avec la mémoire - des organisations ? Ce qui nous interpelle ici, c'est que ce processus amène à la production d'un patrimoine numérique, i.e. des répliques numériques d'objets physiques et créations numériques originales. Dans une perspective sociomatérielle et pratique, nous approchons la problématique par des études de cas au sein d’organisations culturelles : d'une part les musées et la numérisation des collections, représentative d'une patrimonialisation numérique ; d'autre part les médias traditionnels d'information, dans leur effort de repositionnement par la création et l’appropriation de leur patrimoine numérique. Notre exploration autour de la numérisation et des enjeux de mémoire se décline sous la forme de trois essais :

1. Le processus de numérisation ainsi que les artefacts associés changent le champ des possibles et donc la manière dont l'organisation se souvient, en favorisant la création d'un patrimoine numérique.

2. Une ambition de mémoire est associée au processus de numérisation, qui se confronte aux enjeux consubstantiels de l'absence et donc de l'oubli. Des outils, comme les bases de données, incarnent le résultat de la numérisation de masse et sont caractérisés tant par leur contenu que par leur incomplétude.

3. Les projets numériques représentent une opportunité pour les organisations de redéfinir leur rôle sociétal et culturel, en lien avec leur histoire. Le patrimoine numérique apparaît comme le fruit des projets et une ressource à exploiter.

 

Mots clefs : patrimoine numérique, numérisation, matérialité, pratiques mnémoniques, organisations culturelles